je relisais récemment les cinq grandes ôdes de claudel - au nom de claudel je sens déjà mon auditoire prêt à ronfler, pourtant... - conscient de l'inanité de mes piètres efforts pour captiver mon minuscule public, je poursuis.
je me rappelle la première lecture, j'avais été saisi comme deux ou trois ans auparavant j'avais été saisi par les illuminations rimbaldiennes, comme si le verbe s'était fait non pas chair mais musique, et que les deux oeuvres pouvaient se passer de notre intelligence - qu'elles étaient au-delà du monde des idées - il y a loin, lors de la relecture, du choc passé ; il y a la grandeur, mais on y sent le poids des mots, contrairement à rimbaud -
trop de points d'exclamation, surtout dans les premières ôdes -
puis je me suis demandé qui publierait - aurait le courage de publier - un tel texte, au lyrisme débraillé, emphatique, excessif (tout celà dit dans un sens laudatif), un lyrisme épique et catholique - d'où impression que c'est presque dieu lui-même qui nous souffle dans la figure ; qui voudrait cela à une époque où l'homme wharolien se satisfait de renifler ses pets ?
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