mardi 22 avril 2014

mythe de la caverne

j'entendais il y a peu, dans une émission radiophonique, un entrepreneur exilé fiscal en irlande qui expliquait, avec un sérieux digne de la plus grande des pitiés et du feu purificateur de la sainte inquisition, on ne sait plus trop, que sans les entrepreneurs, les hommes vivraient encore dans des cavernes - entretenant au passage l'extraordinaire mensonge de ces gens-là qui continuent d'essayer de nous faire croire que c'est par altruisme ou goût du progrès qu'ils ont créé leur machinerie, et non pour s'enrichir, ce qui est après tout bien naturel - 
or, on est en droit de penser que, bien au contraire, tous les hommes ne seraient pas sortis de la caverne, que seuls les intéressés auraient eu le droit de le faire, et qu'on aurait laisser la main-d'oeuvre au fond de la grotte, en lui expliquant qu'elle ne méritait pas d'en sortir et qu'elle n'avait qu'à travailler davantage pour y parvenir...

jeudi 17 avril 2014

palpitation de la vie

"tout comme on s'étonne que le doux puisse lever la voix et s'agacer alors qu'on accepte la quotidienne colère du bilieux, on n'écoute jamais la douleur de celui qui jamais ne se plaint, qui ravale ses maux, il agace plus que l'hypocondriaque, écouté et plaint - à que l'on s'intéresse ou l'on feint de s'intéresser à sa douleur.", me disait lucius, lorsqu'il apprit qu'il avait un cancer ; à quoi piqué je lui répondis qu'il exagérait toujours...

dimanche 30 mars 2014

pensée inique (ta mère)

lors de la rencontre débat avec lilian thuram - succès écrit à l'avance par l'institution - lilina répond à la question suivante :
- pensez-vous qu'on arrivera à éradiquer le racisme ?
réponse : "parmi vous qui pense qu'on va éradiquer le racisme ?"
nos élèves sont bien élevés, alors ils lèvent le doigt - le travail rend libre - quelques sceptiques garde le silence du doigt baissé, dont mon fils - 
"alors là je voudrais dire que tout d'abord il faut y croire, que si on ne pense pas que le racisme va être éradiquer alors on ne va rien faire pour régler la situation"
je bouillonne en moi - la vieille rengaine est enfin rabattue - 
l'amalgame : penser que le racisme ne va pas disparaître, est-ce la même chose que de ne pas souhaiter que le racisme disparaisse ? bien sûr qu'au fond je souhaiterais que tous ces préjugés soient mis au feu (pour qu'on ait de nouveau le droit d'en rire) - mais au fond j'ai trop de doutes sur l'intelligence humaine, un possible désintéressement humain, une possible bonté humaine pour croire que le racisme va disparaître.
et comme quelques affreuses personnes telles que moi ou mon fils ont des doutes...
alors on joue sur la culpabilisation : ce n'est pas le projet qui est mauvais, ce sont ceux qui ont des doutes, ceux qui l'interrogent - ceux qui ne disent pas amen et interrogent le credo - ceux qui doutent des dogmes ! eux sont encore pires que les racistes, ce sont eux les responsables -
mon fils donc, du fait de douter, est responsable de la non-éradication du racisme ?!? lui qui en a été victime à plusieurs reprises !
l'erreur historique : "si des gens n'avaient pas été convaincus que l'esclavage pouvait être abolie il ne l'aurait pas été." (je passe sur le fait qu'une loi s'efface plus vite qu'un sentiment personnel) - sauf que l'esclavage n'a jamais été aussi en forme qu'à l'heure actuelle, malgré toutes les lois l'interdisant, et que si la traite atlantique (pour éviter d'écrire négrière) n'existe plus il en existe d'autres, tant d'autres... 
nous sommes dans une soviétisation du débat, et le plan quinquennal est bon, il est parfait, il est merveilleux : s'il ne fonctionne pas c'est à cause des séditieux, des traitres. notre monde démocratique fonctionne de plus en plus comme cela, nos institutions aussi, le débat se rétrécit comme une verge dans l'eau froide - ils appellent le consentement généralisé - et ceux qui ne consentent pas sont tenus pour responsable de tous les drames humains.

et vous croyez peut-être que j'ai le sentiment que la rencontre n'a pas été positive, si au contraire, j'ai été ravi de l'entendre et de le voir discuter avec des enfants, ce qui ne doit pas m'empêcher de dénoncer ce qui pour moi relève d'un symptôme sociétal... presque aussi grave que le racisme car il exclut de fait un certain nombre de personnes, en raison de leur appartenance à un autre mode de pensée...

CUM

un ami britannique me disait qu'il fallait conserver l'intégralité de la formule "communauté urbaine de marrakech" [écrite sur les poubelles de plazza, devant le sacro-saint macdonald] - et d'éviter les abréviations pour éviter les quiproquos -

samedi 22 mars 2014

atrabile

mon ami lucius, devant j'évoquai le concept de notre noble institution - la mlf commandée par le grand visionnaire j-c deberre - "deux cultures trois langues", me coupe la parole : "tu me fais bien rire, avec tes deux cultures trois langues, les langues ne servent plus à comprendre mieux la culture de l'autre ou une façon de penser différente, l'étude des langues est nécessaire pour emplir les gradins des écoles de commerce et à renforcer la globalisation - ce que l'on oublie derrière l'étude des langues, c'est que "vivre et penser comme des porcs, mais en anglais, en espagnol, en arabe et en hindi, en magyar, en polonais et en ukrainien - tu devrais écrire à tes patrons qu'après "deux cultures, trois langues", ils ont oublié d'ajouter "et une pensée unique""