mardi 5 août 2014

sur les bords de seine

moi qui suis -
toujours moi je moi je moi je - c'est agaçant à la fin monsieur...
moi qui suis bretonnant, bretonnisant, bretonniste, bretonnien, non pas forcément amateur à toute force de l'oeuvre du pape surréaliste, mais amateur de liens ténus entre les choses, les événements, les paroles, les êtres et les rencontres, amateur de ces signes, liens, rapports, indices, résidus, qui sont tolérés ou glorifiés chez l'artiste ou le génie mais qui envoient l'homme du commun à la camisole et aux anxiolytiques, moi donc, qui depuis longtemps me terre dans un silence suspect...
tel un nyala éthiopien, je courus un soir, avec le baron erwin von k., mon beau-frère, sur les rives d'un méandre de la seine, méandre immortalisé par quelque impressionniste mais on s'en fout car c'est de moi je que je parle.
au bout de notre course frénétique de quadragénaires inquiets, alors que je m'étirais, voluptueux et suffisant comme un sportif au bout de l'effort et de l'imbécile dépassement de lui-même, mon regard croise le cadavre grignoté et sanguinolent d'un rat, victime des dures lois des chaînes alimentaires -
ce signe - cadavre en bout de course - conclut à ma place que toute autre tentative pourrait s'avérer néfaste, et je laissai le baron filer seul sous la frondaison larmoyante des saules centenaires... 

au quotidien

on finit par réussir à se passer de tout - et de soi-même -

samedi 19 juillet 2014

héroïsme

quel courage il faut à l'homme d'action que je suis pour résister à la tentation à laquelle nous soumet la toile de cy twombly évoquant les larmes d'achille de l'embrasser - 
évidemment, mon héroïsme, inscrit dans une lignée qui va d'homère à twombly, est condamné à la galvaude à une époque qui considère le saut à l'élastique ou la marathon des sables comme la seule preuve valable de courage...
mais que veux-tu...

hommage à cy twombly

alors que je contemplais béat une toile relatant l'amertume d'achille à la mort de patrôcle, ivre de la colère du premier nommé, je me rue sur la toile et pose sur icelle mes lèvres brûlantes, avides, amoureuses - j'avais commis, comme une autre, l'acte terroriste par excellence : la dégradation d'une oeuvre d'art choque plus nos consciences que la mort d'un ivrogne, c'est un peu comme parler durant un spectacle de danse contemporaine, même dans une église on est plus détendu du sphincter - j'étais enfin un grandhomme, à défaut d'être un grandécrivain -
mis à part le coup de pied au cul du molosse en charge de la sécurité, nul journaliste pour parler de mon geste - j'avais omis le rouge à lèvres... 

dimanche 15 juin 2014

sauter à l'élastique

lucius me disait hier à quoi bon se mêler à une société qui considère le saut à l'élastique comme l'irréfutable preuve du courage, voire de l'héroïsme -
et de me dire qu'une simple petite poussée et je n'aurais plus à supporter tout l'héroïsme de son verbiage...