mardi 11 décembre 2012

signe intérieur de vieillesse

le signe indubitable que l'on a vieilli, ce n'est pas les quelques fils d'argent qui enrichissent de doux reflets notre admirable crâne - ni les quelques ridules qui signifient que nous rîmes bien de tous les ridicules et de toutes les folies de l'existence - non, le signe en caractère gras que nous sommes devenus vieux, c'est la passion quotidienne de la météorologie, la quête vitale du temps qu'il fera le lendemain -
comme si c'était le seul qu'il restait...

dimanche 9 décembre 2012

comment parler...

ayant achevé la lecture du livre de pierre bayard comment parler des livres qu'on n'a pas lus ? je ne me sens pas autorisé à en parler -
pourtant
c'est assez bien vu souvent, même si le titre est un peu racoleur et malhonnête (un pourquoi devrait remplacer le comment) - l'idée du lecteur "intensif" qui reste plus du côté de la non-lecture puisqu'il aura lu moins que ce qu'il lui reste à lire, l'idée de l'oubli des livres lus à travers l'exemple de montaigne, etc.
mais
gêne indéniable
aussi
[on appréciera la modernité libératrice de la mise en forme de mon post]
pourquoi cet épilogue sur le caractère libérateur de la pratique de la non-lecture face à la pression sociale d'avoir lu certaines oeuvres ? pourquoi user un peu plus cette théorie oiseuse de la libération comme d'une justification autoritaire (ça libère donc c'est bon, c'est bien, c'est épatant - orgasme général de l'existence) ?
la question de ce pourquoi parler de livres pour se libérer de je ne sais quelle contrainte sociale : la non lecture pour dépasser sa honte, voire sa culpabilité (on croit rêver) - mais de quoi au juste ?
sans compter l'éventuel plaisir du texte (quand bien même ce serait un coup de hâche), au-delà de son inscription dans le vaste réseau de l'histoire de la littérature, qui est totalement éludé (la lecture étant considérée comme une perte de temps, l'important étant le bavardage autour du livre - voilà ce qui est censé libérer !) - où est-elle partie la réjouissace borgésienne pour les livres lus ?
et de me demander en quoi il est libérateur d'être si bavard...  

mardi 4 décembre 2012

chère mauvaise foi

chère mauvaise foi adolescente, si loin de l'âge stupide qu'on veut nous décrire toujours et encore, qui disait haut et fort : "on nous donne des responsabilités d'adulte [mais qui sont ces parents irresponsables ?] et on nous traite comme des gamins" alors qu'au fond, les adolescents voudraient (et je les comprends) qu'on les traitât comme des adultes tout en les laissant se comporter comme d'irresponsables gamins -

dimanche 2 décembre 2012

lever

gilberte, cousine par mésalliance d'oriane, est une des rares personnes au monde capables de se lever une à deux heures avant d'être réveillée -

samedi 1 décembre 2012

sur la lecture

double mouvement de joie et d'effroi devant les livres qu'il reste à lire : joie de se dire qu'il nous reste des perspectives infinies de plaisirs et de découvertes, des heures de solitude à l'écart des aboiements et des bêlements, effroi devant l'impossibilité de lire, non pas tous les livres, mais l'infime "liste" de ce qui nous fait le plus envie, classiques ou noms attrapés au fil de conversations (en essayant, plein de foi mauvaise, de faire comme si ce que l'on ne connaît pas n'existe pas)