mardi 21 août 2012

ceci n'est qu'une parenthèse...

tautologie, commentaire à propos des commentaires :

je m'étais fixé comme cahier des charges de ne répondre à aucun commentaire ; j'avais sans doute cru, livrant mes premiers abats poisseux, à des milliers de lecteurs et autant de commentaires, j'eusse vite été noyé et que de blanches nuitées en perspective! - en fait non, je n'y ai jamais cru -

et d'ailleurs, n'eusse-je pas aimé être noyé ? car je suis bien vaniteux -

surtout me fallait-il accepter le texte [le post, car je suis d'une modernité absolue et que ça fait longtemps que je ne l'ai rappelé] tel qu'il était écrit : je me voyais bien le reprendre inlassablement, le texte imparfait, encore et encore, et de blog je n'aurais eu qu'un post toujours repris jusqu'à l'illisibilité [complexe dit de frenhofer] - 
sans compter un côté oiseux de ce genre de faux dialogue (selon moi)

je tiens cependant à remercier mes quelques lecteurs, fidèles ou non, plus encore les quelques commentateurs, fidèles ou non, avec une mention particulière pour ceux qui ne demeurent pas anonymes, même si certains n'ont toujours pas été formellement identifiés, quoique nonymes [joli ça] 

[ceci n'était qu'une parenthèse sans grand intérêt]

dimanche 19 août 2012

2666

une dernière avant de ranger le livre dans la pile de ceux à relire absolument ; ce conseil comme à moi adressé de nulle part : "est arrivé le jour où j'ai décidé de quitter la littérature. je l'ai quittée. ce n'est pas un traumatisme que l'on ressent en franchissant ce pas, mais plutôt une libération. entre nous, je vous avouerai que c'est comme cesser d'être vierge. un soulagement, quitter la littérature, c'est-à-dire cesser d'écrire et se limiter à lire !"


samedi 18 août 2012

2666

dans l'éblouissant ouvrage de roberto bolano, à côté de mille et une réflexions sur la littérature (qui constitue un appel fondamentalement dangereux), la vie, l'horreur, l'amour, on  trouve une remarque fort pertinente sur la relation ambiguë du lecteur contemporain avec l'oeuvre majeure, à laquelle il préfère souvent et substitue l'oeuvre mineure (bartleby plutôt que moby dick) :
p. 349 : "quel triste paradoxe, pensa amalfitano. même les pharmaciens cultivés ne se risquent plus aux grandes oeuvres, imparfaites, torrentielles, celles qui ouvrent des chemins dans l'inconnu. ils choisissent les exercices parfaits des grands maîtres. ou ce qui revient au même : ils veulent voir les grands maîtres dans des séances d'escrime d'entraînement, mais ne veulent rien savoir des vrais combats, où les grands maîtres luttent contre ça, ce ça qui nous terrifie tous, ce ça qui effraie et charge cornes baissées, et il y a du sang et des blessures mortelles et de la puanteur." 

lundi 13 août 2012

vies imaginaires

on peut lire, dans vies imaginaires de marcel schwob, à propos de l'auteur du satyricon :
"pétrone désapprit entièrement l'art d'écrire, sitôt qu'il vécut de la vie qu'il avait imaginée."
au fond peut-être le but ultime s'il en existât jamais un de la littérature : se fabriquer une vie vivable pour n'avoir plus jamais à écrire -

dimanche 12 août 2012

géographies

après les sinueux escarpements de l'ariège, nous subissons les monotonies planes et rectilignes de la forêt landaise - il ne me paraît guère possible que la géographie spirituelle ou mentale des habitants ne soit pas façonnée aussi par la géométrie physique des routes et des sentiers -