jeudi 7 juillet 2011

postérité

il laissa à la postérité quelques fragments, deux ou trois vers, un épître lacunaire, un aphorisme - rien de plus, rien de moins -

la postérité le rangea parmi les grands - ou plutôt les potentiellement grands - ceux qui, si nous avions à disposition l'oeuvre complète, assurément compteraient parmi les très grands, ceux sur lesquels on glose sans se lasser, on spécule - l'oeuvre est recréée de toute pièce par les imaginations des érudits et des commentateurs -

pour être grand, pour laisser sa marque, il avait eu la géniale intuition de sacrifier son oeuvre // [marquer la postérité sans oeuvre, marque selon beaucoup de modernité absolue]

lunettes

pourquoi ?

pourquoi lui ai-je dit, à la jeune fille avec qui j'avais entamé une conversation si leste, si pétillante - conversation champagne - avec qui je riais de bon coeur et dont le coeur palpitait d'une joie sereine ?

pourquoi donc lui ai-je dit, avec un sourire narquois de médiocre triomphe, "tu sais, ma beauté, tu as beau avoir des lunettes sur le bout de ton petit nez, tu as toujours plus l'air d'une p... que d'une étudiante en khâgne" ?

pourquoi n'ai-je pu finir ma phrase qui précisait que c'était cela qui me plaisait en elle ?

mardi 5 juillet 2011

le compassé

comme je parcours le premier volume de colportage de gérard macé, je ne peux m'empêcher de songer à lui, que j'ai croisé (rencontré serait exagéré) à quelques reprises sur les terres abyssines - conférence sur le goût de l'homme, rencontres littéraires autour de rimbaud... - et qui nous parut, malgré tout l'intérêt que pouvait revêtir son propos, à quelques amis et moi-même, une figure de l'Auteur (je déroge à la règle des majuscules), avec un grand "a", voire avec un grand "h" -

avec le "p" de poseur - avec un côté "ce que vous connaissez je le connais évidemment, c'est vous qui avez tout à apprendre" qui traverse ses lignes, peut-être malgré lui d'ailleurs -

et puisque il aime les auteurs plutôt rares, je ne retiendrai (je le sens rosir de courroux) qu'une citation piochée "ce qu'on ne peut atteindre en volant, il faut l'atteindre en boîtant" (rückert)

dimanche 3 juillet 2011

waiting for the sun

quarantième anniversaire de la mort de monsieur morrison et nuovelle madeleine à croquer -

au lycée stanislas errait une jeune femme (charmante par ailleurs) rêveuse et illuminée, qui faisait grassement rire notre positivisme quand, les rares fois où elle s'adressait à nous (comme je te comprends), elle nous expliquait qu'elle discutait régulièrement avec l'icône charismatique des doors, qu'il lui confiait ses brûlures -

des années plus tard, fort de la lecture éblouie de monsieur marc lévy, à peine moins charismatique que jim, je ne peux m'empêcher de me demander et si c'était vrai...

vendredi 1 juillet 2011

confidence pour confidence

pot de fin d'année scolaire à l'école : je ne sais pourquoi la délicieuse marie-pierre de f. décide à sa propre unanimité de mettre un disque d'ambiance, sorte de morceaux choisis de la musique française des années 80 - idée saugrenue s'il en est -


je croque à pleines babines la madeleine et je me revois plein d'ennui dans d'ennuyeuses premières boums à espérer d'ennuyeux premiers baisers en écoutant d'ennuyeux tubes français des années 80 -


que d'alcoolisme et de toximanie eussions-nous évité si dans nos fraîches années nous avions su choisir la musique avec un tant soit peu de pertinence -